22/12/2010

La solitude ça n'existe pas

 

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La solitude ça n'existe pas

La solitude ça n'existe pas

 

Chez moi il n'y a plus que moi

Et pourtant ça ne me fait pas peur

La radio, la télé sont là

Pour me donner le temps et l'heure

J'ai ma chaise au Café du Nord

J'ai mes compagnons de flipper

Et quand il fait trop froid dehors

Je vais chez les petites soeurs des coeurs

 

La solitude ça n'existe pas

La solitude ça n'existe pas

 

Peut-être encore pour quelques loups

Quelques malheureux sangliers

Quelques baladins, quelques fous

Quelques poètes démodes

Il y a toujours quelqu'un pour quelqu'un

Il y a toujours une socièté

Non, ce n'est pas fait pour les chiens

Le Club Méditerrannée

 

La solitude ça n'existe as

La solitude ça n'existe pas

 

Tu te trompe, petite fille

Si tu me crois désespéré

Ma nature a horreur du vide

L'univers t'a remplacée

Si je veux, je peux m'en aller

A Hawaii, à Woodstock ou ailleurs

Et y retrouver des milliers

Qui chantent pour avoir moins peur

 

La solitude ça n'existe pas

La solitude ça n'existe pas....

 

Gilbert Bécaud

Het Witte Elfenheksje

19/12/2010

L'hirondelle et les petits oiseaux

 

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Une hirondelle en ses voyages

Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu

Peut avoir beaucoup retenu.

Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,

Et devant qu'ils fussent éclos,

Les annonçait aux matelots.

Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème,

Elle vit un manant en couvrir maints sillons.

"Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons :

Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrème,

Je saurai m'éloigner ou vivre en quelque coin.

Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ?

Un jour viendra, qui n'est pas loin,

Que ce qu'elle répand sera votre ruine.

De là naîtront engins à vous envelopper,

Et lacets pour vous attraper,

Enfin mainte et mainte machine

Qui causera dans la saison

Votre mort ou votre prison :

Gare la cage ou le chaudron !

C'est pourquoi, leur dit l'Hirondelle,

Mangez ce grain ; et croyez-moi. "

Les Oiseaux se moquèrent d'elle :

Ils trouvaient aux champs trop de quoi.

Quand la chènevière fut verte,

L'Hirondelle leur dit : " Arrachez brin à brin

Ce qu'a produit ce maudit grain,

Ou soyez sûrs de votre perte.

- Prophète de malheur, babillarde, dit-on.

Le bel emploi que tu nous donnes !

Il nous faudrait mille personnes

Pour éplucher tout ce canton. "

La chanvre étant tout à fait crue,

L'Hirondelle ajouta : "Ceci ne va pas bien ;

Mauvaise graine est tôt venue.

Mais,puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien,

Dès que vous verrez que la terre

Sera couverte, et qu'à leurs blès

Les gens n'étant plus occupés

Feront aux oisillons la guerre ;

Quand reginglettes et réseaux

Attraperont petits oiseaux,

Ne volez plus de place en place,

Demeurez au logis, ou changez de climat :

Imitez le canard, la grue et la bécasse.

Mais vous n'êtes pas en état

De passer, comme nous, les déserts et les ondes,

Ni d'aller chercher d'autres mondes ;

C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr :

C'est de vous renfermer aux trous de quelque mur."

Les oisillons, las de l'entendre,

Se mirent à jaser aussi confusément

Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre

Ouvrait la bouche seulement.

Il en prit aux uns comme aux autres :

Maint Oisillon se vit esclave retenu.

 

Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,

Et ne croyons le mal que quand il est venu.


Jean De La Fontaine

Het Witte Elfenheksje

13/12/2010

Quand nous habitions tous ensemble

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Quand nous habitions tous ensemble

Sur nos collines d'autrefois,

Où le buisson trembre

Dans la maison qui touche aux bois,

 

Elle avait dix ans, et moi trente ;

J'étais pour elle l'univers,

Oh ! comme l'herbe est odorante

Sous les arbres profonds et verts.

 

Elle faisait mon sort prospère,

Mon travail léger, mon ciel bleu.

Lorsqu'elle me disait Mon père,

Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu.

 

A travers mes songes sans nombre,

J'écoutais son parler joyeux,

Et mon front s'éclairait dans l'ombre

A la lumière de ses yeux.

 

Elle avait l'air d'une princesse

Quand je la tenais par la main.

Elle cherchait des fleurs sans cesse

Et des pauvres dans le chemin.

 

Elle donnait comme on dérobe,

En se cachant aux yeux de tous.

Oh ! la belle petite robe

Qu'elle avait, vous rappelez-vous :

 

Le soir auprès de ma bougie,

Elle jasait à petit bruit,

Tandis qu'à la vitre rougie

Heurtaient les papillons de nuit.

 

Les anges se miraient en elle.

Que son bonheur était charmant !

Le ciel mettait dans sa prunelle

Ce regard qui jamais ne ment.


Oh ! je l'avais, si jeune encore,

Vue apparaître en mon destin.

C'était l'enfant de mon aurore,

Et mon étoile du matin !

 

Quand la lune claire et sereine

Brillait aux cieux, dans ces beaux bois,

Comme nous allions dans la plaine !

Comme nous courions dans les bois !

 

Puis, vers la lumière isolée

Etoilant le logis obscur,

Nous revenions par la vallée

En tournant le coin du vieux mur ;

 

Nous revenions, coeurs pleins de flamme,

En parlant des splendeurs du ciel.

Je composais cette jeune âme

Comme l'abeille fait son miel.

 

Doux ange aux candides pensées,

Elle était gaie en arrivant...-

Toutes ces choses sont passées,

Comme l'ombre et comme le vent.

 

Victor Hugo


Het Witte Elfenheksje

06/12/2010

Les elfes

 

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Couronnés de thym et de marjolaine ,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

Du sentier des bois aux daims familier,

Sur un noir cheval, sort un chevalier.

Son éperon d'or brille en la nuit brune;

Et, quand il traverse un rayon de lune,

On voit resplendir, d'un reflet changeant,

Sur sa chevelure un casque d'argent.

 

Couronnés, de thym et de marjolaine,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

Ils l'entourent tous d'un essaim léger

Qui dans l'air muet semble voltiger.

- Hardi chevalier, par la nuit sereine,

Où vas-tu si tard ? dit la jeune Reine.

De mauvais esprits hantent les forêts ;

Viens danser plutôt sur les gazons frais.

 

Couronnés de thym et de marjolaine,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

- Non ! ma fiancée aux yeux clairs et doux

M'attend, et demain nous serons époux.

Laissez-moi passer, Elfes des prairies,

Qui foulez en rond les mousses fleuries ;

Ne m'attendez pas loin de mon amour,

Car voici déjà les lueurs du jour.

 

Couronés de thym et de marjolaire,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.


- Reste, chevalier. Je te donnerai

L'opale magique et l'anneau doré,

Et, ce qui vaut mieux que gloire et fortune,

Ma robe filée au clair de la lune.

- Non ! dit-il. - Va donc ! Et de son doigt blanc

Elle touche au coeur le guerrier triomphant.

 

Couronnés de thym et de marjolaine,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

Et sous l'éperon le noir cheval part.

Il court, il bondit et va sans retard ;

Mais le chevalier frissonne et se penche ;

Il voit sur la route une forme blanche

Qui marche sans bruit et lui tend les bras :

- Elfe, esprit, démon, ne m'arrête pas !

 

Couronnés de thym et de marjolaine,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

Ne m'arrête pas, fantôme odieux !

Je vais épouser ma belle aux doux yeux.

- Ô mon cher époux, la tombe éternelle

Sera notre lit de noce, dit-elle.

Je suis morte ! Et lui, la voyant ainsi.

D'angoisse et d'amour tombe mort aussi.

 

Couronnés de thym et de marjolaine,

Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

Charles Marie Leconte De Lisle (1818-1894)

 

Het Witte Elfenheksje

20:33 Écrit par Nadine dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |