04/12/2012

Dernier vers

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Derniers vers.

L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois,

De tout les côtés sonne à mes oreilles.

Depuis dix-huit mois d'ennuis  et de veilles,

Partout je la sens, partout je la vois.


Plus je me débats contre ma misère,

Plus s'éveille en moi l'instinct du malheur;

Et, dès que je veux faire un pas sur terre,

Je sens tout à coup s'arrêter mon coeur.


Ma force à lutter s'use et se prodigue.

Jusqu'à mon repos, tout est un combat;

Et comme un coursier brisé de fatigue,

Mon courage éteint chancelle et s'abat.

Alfred De Musset

Het Witte Elfenheksje

08/11/2009

Sonnet au lecteur

Le lecteur nnn

Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage,

Je te disais bonjour à la première page.

Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ;

En vérité, ce siècle est un mauvais moment.

Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge,

Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant,

Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage,

Lamartine vieilli qui me traite en enfant.

La politique, hélas ! voilà notre misère.

 Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire.

Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non.

Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire.

Si deux noms, par hasard, s'embrouillent sur ma lyre,

Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.

                                         Alfred de Musset

Het Witte Elfenheksje