08/09/2010

Cendrillon

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Le sable à coups de vent mouillé

Crie et saigne contre les vitres

Renfermées sur un temps rouillé

Que le passant perdu évite

 

Avec la nuit d'étranges rires

Toutes craquante en plein délire

Là-bas la maison sur la dune

Vieillit aux frissons de la brume

 

Du bois foncé meubles rustiques

Cuivres dorés, anachroniques

Tapis de laine et de velours

Où se noient les bruits les plus lourds

 

Mais qui aux fenêtres aveugles

Se penche et regarde le soir

Mais qui écoute sans rien voir

Dans la tempête qui beugle

 

Nul ne frappe plus à la porte

Les soeurs de Cendrillon sont mortes

Et la voilà triste et rêvant

A l'inconnu le bel amant

 

Tout bas sanglote une princesse

Seule sans prince et sans jeunesse

Tout bas gémit l'algue qui meurt

Aux rives des milles douleurs

 

L'amour est vêtu de haillons

Et s'endort dans ma cheminée

Aurai-je une marraine fée

Qui me contera Cendrillon

 

Marie-Claude Come

 

Het Witte Elfenheksje

24/10/2009

Crépuscule d'automne

     pensées bleues (640 x 480)ovalebbb

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs

J'entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :

Car voici venir l'heure où dans les lueurs brêves

Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,

L'automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d'une nef qui vient de s'assombrir

L'on ouït des frissons de frêles banderolles,

Et le long des buissons qui perdent leurs corolles

La maladive odeur des fleurs qui vont mourir

S'évapore en remous de subtiles paroles.

 Sous la lune allumée au nocturne horizon

L'âme de l'angelus en la brume chantonne :

L'écho tinte au lointain comme un glas monotone

Et l'air rêve aux frimas de la froide saison

A l'heure où meurt l'amour, à l'heure où meurt l'automne !

                            Stuart merrill 1868-1915

Het Witte Elfenheksje