13/10/2010

L'après-midi sur la grève

 

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Douceur du sable chaud ! Plénitude ! Paresse !

On savoure à longs traits l'immense après-midi.

Mon corps, que mon esprit s'imagine engourdi,

Gît sur le sable, heureux, délié du sevrage :

Quelles fêtes, le grain délicat de la plage,

L'embrun, les flaques d'or, les rubans de varech,

L'odeur du large ! Il n'est plus mien. Il joue avec

Ces grands êtres, le vent, le ciel, la mer, la terre;

Il retrouve leur beau langage élémentaire,

Que l'esprit, tout guindé sur l'abstrait n'entend plus.

Du rire des cailloux roulés par le reflux

Au bond des flots rentrant dans la grotte qui gronde,

Il écoute le chant des premiers jours du monde,

Ravi de se savoir si neuf et primitif,

D'être tiré du même fond que le récif

Ou du même tissu que l'onde aux vertes moires;

Il n'est plus chair, il n'est plus sang : il est mémoire.

Fernand Dauphin

 

Het Witte Elfenheksje