13/12/2010

Quand nous habitions tous ensemble

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Quand nous habitions tous ensemble

Sur nos collines d'autrefois,

Où le buisson trembre

Dans la maison qui touche aux bois,

 

Elle avait dix ans, et moi trente ;

J'étais pour elle l'univers,

Oh ! comme l'herbe est odorante

Sous les arbres profonds et verts.

 

Elle faisait mon sort prospère,

Mon travail léger, mon ciel bleu.

Lorsqu'elle me disait Mon père,

Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu.

 

A travers mes songes sans nombre,

J'écoutais son parler joyeux,

Et mon front s'éclairait dans l'ombre

A la lumière de ses yeux.

 

Elle avait l'air d'une princesse

Quand je la tenais par la main.

Elle cherchait des fleurs sans cesse

Et des pauvres dans le chemin.

 

Elle donnait comme on dérobe,

En se cachant aux yeux de tous.

Oh ! la belle petite robe

Qu'elle avait, vous rappelez-vous :

 

Le soir auprès de ma bougie,

Elle jasait à petit bruit,

Tandis qu'à la vitre rougie

Heurtaient les papillons de nuit.

 

Les anges se miraient en elle.

Que son bonheur était charmant !

Le ciel mettait dans sa prunelle

Ce regard qui jamais ne ment.


Oh ! je l'avais, si jeune encore,

Vue apparaître en mon destin.

C'était l'enfant de mon aurore,

Et mon étoile du matin !

 

Quand la lune claire et sereine

Brillait aux cieux, dans ces beaux bois,

Comme nous allions dans la plaine !

Comme nous courions dans les bois !

 

Puis, vers la lumière isolée

Etoilant le logis obscur,

Nous revenions par la vallée

En tournant le coin du vieux mur ;

 

Nous revenions, coeurs pleins de flamme,

En parlant des splendeurs du ciel.

Je composais cette jeune âme

Comme l'abeille fait son miel.

 

Doux ange aux candides pensées,

Elle était gaie en arrivant...-

Toutes ces choses sont passées,

Comme l'ombre et comme le vent.

 

Victor Hugo


Het Witte Elfenheksje

12/02/2010

Puisque j'ai mis ma lèvre...

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Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;

Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;

Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine

De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;

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Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire

Les mots où se répand le coeur mystérieux ;

Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire

Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

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Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie

 Un rayon de ton astre ! voilà toujours ;

Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie

Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

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Je puis maintenant dire aux rapides années :

- Passez toujours ! je n'ai plus à vieillir !

Allez-vous-en avex vos fleurs toutes fanées ;

J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !

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Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre

Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.

Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !

Mon coeur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !

                                                Victor Hugo

                        val155

Het Witte Elfenheksje

19/12/2009

Je regarde une rose...

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   " Je regarde une rose et je suis apaisé."

                                               Victor Hugo

Het Witte Elfenheksje

23:42 Écrit par Nadine dans Citation | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : une rose, victor hugo |  Facebook |

23/07/2009

Voici que la saison décline

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            Voici que la saison décline,

        L'ombre grandit, l'azur décroît,

          Le vent fraîchit sur la colline,

       L'oiseau frissonne,l'herbe a froid.

 

           Août contre septembre lutte ;

             L'océan n'a plus l'alcyon ;

         Chaque jour perd une minute,

       Chaque aurore pleure un rayon.

 

      La mouche, comme prise au piège,

          Est immobile à mon plafond ;

     Et comme un blanc flocon de neige,

              Petit à petit, l'été fond.

                            Victor Hugo (1802-1885)

Het Witte Elfenheksje

 

 

 

07:07 Écrit par Nadine dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : victor hugo, neige, aurore, colline, ocean |  Facebook |